Situation à la retraite

Savez-vous quels sont vos droits de cotisation au REER pour l’année en cours?

À chaque année, le gouvernement nous permet de verser 18 % du « revenu gagné » de l’année précédente dans le REER jusqu’à concurrence d’un montant maximal pour l’année courante moins votre facteur d’équivalence (FE), s’il y a lieu. Par ailleurs, si ce montant alloué n’est pas utilisé une année donnée il est cumulatif indéfiniment. C’est ce qu’on appelle les déductions inutilisées. Le montant total, incluant les déductions inutilisées, que vous pouvez cotiser à votre REER est indiqué sur votre avis de cotisation du gouvernement fédéral sous l’appellation « Maximum déductible au titre des REER ».

Tableau des cotisations REER

Plafond annuel
Revenu gagné maximal de l’année précédente
2009
21 000 $
116 667 $
2010
22 000 $
122 222 $
2011
22 450 $ 124 722 $
2012
22 970 $ 127 611 $
2013
Indexés selon l’augmentation du salaire industriel moyen

Pour avoir le droit de cotiser le maximum de 22 450 $ à votre REER en 2011, vous devrez avoir déclaré des revenus de 124 722 $ dans votre déclaration de l’année d’imposition 2010.

Le revenu gagné se compose des revenus d’emploi pour les salariés, des revenus nets d’entreprises pour les travailleurs autonomes, des revenus nets de location et de pensions alimentaires imposables.

Par contre, les prestations de retraite provenant d’un régime de pension, la rente de retraite de la RRQ, les revenus d’intérêts, les gains en capital et les revenus de dividende ne constituent pas du « revenu gagné » et ne vous permettront pas d’accumuler de nouveaux droits de cotisation au REER.

Lorsque vous cotisez au REER, votre économie fiscale est fonction de votre taux d’imposition. Il est possible de cotiser au REER et de remettre la déduction fiscale à une autre année, par exemple dans un cas où votre revenu imposable de l’année ne serait pas suffisamment élevé pour permettre une économie d’impôt intéressante. Ces cotisations versées au REER mais non déduites sont aussi identifiées sur votre avis de cotisation sous l’appellation Cotisations inutilisées à un REER (case B).

Le gouvernement permet d’avoir des cotisations excédentaires de 2 000 $. Vous devrez payer des pénalités d’impôt sur l’excédent au-delà de cette somme.

 

Avez-vous évalué votre coût de vie annuel à la retraite?

Il existe plusieurs méthodes pour évaluer votre coût de vie à la retraite.

La règle des 70 %

Cette règle stipule que le remplacement de 70 % des revenus bruts préretraite va suffire à conserver le même niveau de vie à la retraite. Par exemple, un revenu annuel de retraite de 35 000 $ permettrait au retraité dont les derniers salaires avoisinaient les 50 000 $ de conserver le même niveau de vie à la retraite. Cette règle a l’avantage notable d’être répandue sur le marché et connue des particuliers. Toutefois, elle ne tient aucunement compte du niveau de revenu ou du type de retraite visé. Elle constitue quand même un bon point de départ de discussion et de réflexion. Finalement, le résultat qui découle de l’utilisation de cette règle gagnerait assurément à être précisé à mesure que le projet de retraite se précise lui-même.

L’approche fiscale

Cette approche vise à conserver le même revenu net pour le particulier avant et après la retraite. On y établira le revenu brut de retraite nécessaire à ce maintien. Cette approche table sur la disparition automatique de certaines dépenses, telles que les charges sociales et l’épargne-retraite et le maintien sans discrimination des autres. Cette approche néglige le fait que plusieurs dépenses peuvent diminuer à la retraite, comme par exemple :

  • La fin du paiement hypothécaire coïncidant avec la retraite (attention, si le paiement se termine plus d’une année avant la retraite on ne peut nécessairement considérer cette diminution parce qu’entre la fin du paiement et la retraite, il est raisonnable de penser que la dépense a été affectée ailleurs);
  • vente d’une seconde résidence;
  • décision de vendre un des deux véhicules du couple au moment de la retraite;
  • fin ou diminution marquée des dépenses reliées aux enfants (les études par exemple);
  • fin éventuelle des dépenses reliées aux parents en perte d’autonomie (il est toutefois difficile de tabler sur un tel scénario avec précision).

Cette approche tend à donner des résultats, en termes de remplacement de revenus nécessaires, plus élevés que 70 % surtout pour les hauts salariés.

L’approche budgétaire

Cette approche nécessite la préparation d’un budget actuel ou, à tout le moins, d’un budget préretraite, et requiert ensuite de littéralement établir pour chacune des dépenses, si elles sont matérielles, lesquelles seront affectées par la retraite, que ce soit à la hausse ou à la baisse. Cette dernière approche prendra beaucoup plus de travail et nécessitera forcément plus de précision et de minutie mais, bien complétée, elle aura tendance à être beaucoup plus précise que l’approche fiscale.

 

Savez-vous quelles seront vos sources de revenu à la retraite?

Les principales sources de revenu à la retraite sont les régimes gouvernementaux, soit la pension de la Sécurité de la vieillesse et le Régime de rentes du Québec, les REER et les régimes de retraite privés. Les revenus provenant de placements hors REER, les revenus de location ou d’un travail à temps partiel peuvent venir s’ajouter. Décrivons brièvement les régimes gouvernementaux. Les régimes de retraite sont expliqués dans le cadre d’une autre question.

Pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV)

Le programme de la Sécurité de la vieillesse est un régime universel payable, à compter de l’âge de 65 ans, aux citoyens canadiens ou résidents légaux du Canada. La pension de la Sécurité de la vieillesse maximale est de 524,23 $ par mois (janvier 2011), soit 6 290 $ par année.

RRQ

Le Régime de rentes du Québec (RRQ) est un régime pour lequel vous avez contribué si vous avez gagné des revenus d’emploi ou des revenus d’entreprise (travailleurs autonomes). Pour avoir droit à une rente de retraite de ce régime, vous devez y avoir cotisé.

La rente payable par le RRQ débute normalement à 65 ans. La RRQ vous permet de réclamer la prestation de retraite à partir de 60 ans dans la mesure où vous avez réduit votre temps de travail de plus de 20 % après entente avec votre employeur ou avez cessé de travailler. Si vous estimez que vos revenus seront inférieurs à 12 075 $, soit 25 % du MGA (maximum des gains admissibles calculé à chaque année, 48 300 $ en 2011) pendant une période de 12 mois, vous êtes également admissible à la rente de retraite.

Le montant de la rente de retraite est égal à 25 % de la moyenne mensuelle des revenus de travail admissibles. La rente maximale est de 960,00 $ par mois (2011) à compter de 65 ans et de 672,00 $ si elle début à 60 ans.

Le calcul de la rente de retraite du Régime de rentes du Québec (RRQ) est en fonction des revenus de travail inscrits à votre nom pendant la période de cotisation, qui s’étend de l’âge de 18 ans (depuis 1966) jusqu’au mois précédant le versement de cette rente ou le mois précédant votre 70e anniversaire, s’il y a lieu.

REER

Le REER vous a permis d’accumuler des sommes à l’abri de l’impôt durant votre vie de travailleur. À la retraite, vous utiliserez les sommes accumulées pour financer vos besoins.

Régimes de retraite

Il existe plusieurs types de régimes de retraite offerts par les employeurs. Le régime à prestations déterminées est un régime qui prévoit le paiement d’une rente au moment de la retraite. Le régime à cotisation déterminée est un régime pour lequel les cotisations à être versées par l’employeur et par l’employé sont préétablies. Contrairement au régime à prestations déterminées, la rente à la retraite n’est pas garantie et sera versée en fonction des cotisations accumulées (patronales et salariales) et du rendement obtenu dans le régime.

Autres sources de revenus

Vous pourrez aussi évidemment compter sur d’autres épargnes à la retraite, soit les sommes accumulées dans des placements hors REER ou dans le CELI ou encore des revenus de location ou provenant d’une société de gestion.

 

Ces revenus seront-ils suffisants pour maintenir le coût de vie que vous désirez?

Une fois que vous avez identifié et quantifié toutes vos sources de revenus à la retraite, vous devez déterminer si ces revenus seront suffisants pour assumer les dépenses afin de maintenir votre coût de vie actuel jusqu’à la fin de vos jours.

D’autres facteurs ont des impacts importants sur vos revenus et votre coût de vie. Le rendement, les impôts auxquels personne n’échappe, l’inflation et votre espérance de vie sont des éléments qui auront une influence majeure dans les calculs de votre projection de retraite. À cet effet, l’Institut québécois de planification financière publie chaque année un outil pour les planificateurs financiers, les Normes d’hypothèses de projection. Ces normes proposent des hypothèses à utiliser dans une perspective long terme dans le but de faire des projections de retraite ou autres évaluations financières de besoins. Des rendements pour différentes catégories d’actif ainsi que des hypothèses de probabilité de survie y sont recommandés.

Prenez le temps de bien analyser votre situation financière avant de fixer votre date de départ à la retraite. N’hésitez pas à consulter un planificateur financier pour y voir clair. Il sera en mesure de vous guider dans votre démarche de planification de retraite.

Participez-vous à un RPA? Quelles sont les caractéristiques de votre RPA?

Un régime de pension agréé (RPA) est un régime de retraite privé offert par l’employeur. Il existe principalement deux types de RPA.

Prestations déterminées

Le régime à prestations déterminées est un régime qui prévoit le paiement d’une rente au moment de la retraite. Les paramètres de cette rente sont prédéterminés et sont assez souvent fonction d’un certain pourcentage, du nombre d’années de participation dans le régime et du salaire. Par exemple, un régime pourrait prévoir qu’à compter de 65 ans, la rente payable correspond à 2 % multiplié par le nombre d’années de participation, multiplié par la moyenne des 5 derniers salaires annuels. Ce type de régime est financé par les cotisations des employés, souvent fixées d’avance, parfois nulles, et par les cotisations de l’employeur. Les cotisations de l’employeur sont variables dans le temps et sont reliées au coût de financement de la rente promise, moins les cotisations des employés, et au rendement obtenu par le fond.

Plusieurs modalités sont prévues dans ces régimes, telles que la date de la retraite anticipée, avec ou sans réduction, l’indexation, les prestations payables au décès et les prestations prévues en cas de cessation d’emploi. Tous ces régimes sont différents et les modalités en question peuvent être très variables d’un régime à l’autre. C’est pourquoi il est primordial de bien lire votre relevé et de vous assurer de bien comprendre ce à quoi vous avez droit.

Cotisation déterminée

Le régime à cotisation déterminée est un régime pour lequel les cotisations à être versées par l’employeur et par l’employé sont préétablies. Contrairement au régime à prestations déterminées, la rente à la retraite n’est pas garantie et sera versée en fonction des cotisations accumulées (patronales et salariales) et du rendement obtenu dans le régime. C’est l’employé qui choisit ses placements en fonction de son profil d’investisseur et de sa tolérance au risque.

Les REER collectifs, les régimes de participation différée aux bénéfices (RPDB) et les régimes simplifiés sont des régimes de plus en plus populaires qui sont, à quelques différences près, identiques aux régimes à cotisation déterminée. Ce sont tous des régimes d’accumulation de capital. Il est important de savoir que la gestion courante de ces régimes est entre vos mains et que vous devez vous occuper de l’investissement des sommes. À ce niveau, votre planificateur financier peut vous aider.

Connaissez-vous les diverses stratégies de fractionnement de revenu à la retraite?

Le fractionnement de revenu à la retraite est une stratégie fiscale importante dans la planification financière d’un couple. La réduction des impôts préoccupe tout le monde et ces différentes stratégies permettent de réduire la facture fiscale une fois à la retraite.

Fractionnement des revenus de pension

Depuis l’année d’imposition 2007, les particuliers résidents du Canada ont la possibilité de fractionner leurs revenus de pension avec leur conjoint, marié ou de fait, ayant un taux d’imposition plus bas.

C’est en préparant leurs déclarations de revenus que les retraités prennent la décision d’allouer jusqu’à 50 % de certaines rentes admissibles dans la déclaration de leur conjoint lorsque ce dernier a un revenu moins élevé. Pour plus de détails, voir la question à ce sujet dans la section sur la situation fiscale.

REER de conjoint

La cotisation au REER du conjoint est très intéressante dans l’optique du fractionnement de revenu à la retraite.

Votre conjoint cotise une somme à votre REER de conjoint et utilisera lui-même, sur sa déclaration fiscale, la déduction fiscale, exactement comme s’il avait cotisé dans son propre REER. Cette cotisation aura évidemment pour effet de réduire la marge au REER que votre conjoint possède et non votre propre marge. La somme est déposée dans votre REER à vous, ce qui implique que c’est vous-même qui allez payer l’impôt sur le retrait. Cette stratégie est intéressante si votre conjoint a des revenus élevés actuellement et si vous pensez que vos revenus seront moins élevés que les siens lors du retrait.

Cette cotisation constitue aussi un don, c’est-à-dire que ces sommes vous appartiennent. Ce point est important pour les conjoints de fait puisque les règles de partage du patrimoine familial ne s’appliquent pas dans ce type d’union.

Partage de la RRQ

L’objectif de la division de la rente de retraite de la RRQ est de réduire vos impôts en fractionnant ces revenus avec le conjoint dont le taux marginal d’imposition est le moins élevé.

Seule la rente de retraite est admissible à la division entre conjoints. Les deux conjoints doivent avoir 60 ans et plus et avoir fait la demande de leur rente de retraite. La rente n’est pas nécessairement divisée en parts égales, mais plutôt selon la période de vie commune. Les deux rentes seront divisées, il n’est pas possible de demander la division de la rente d’un seul conjoint. La division de la rente est aussi possible pour les conjoints de fait.

La division se termine à la fin du mois où survient le décès de l’un des conjoints. Le conjoint survivant recevra alors la même rente de retraite qu’il recevait, s’il y a lieu, avant la division.

D’autres techniques de fractionnement de revenu existent, seules les plus courantes sont décrites ici. Parlez-en à votre planificateur financier.

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