Pour un célibataire, la planification de la retraite n’est pas nécessairement simple, mais une chose est certaine, il ne peut généralement compter que sur lui-même pour épargner. Dans le cas des couples, les choses se compliquent : plusieurs facteurs entrent en jeu, par exemple les revenus de chacun, la façon de partager les dépenses communes, le statut matrimonial (conjoints mariés ou en union libre) et la gestion des finances personnelles du couple (ensemble ou chacun pour soi).

En ce qui concerne les revenus de chacun, c’est une question de fait. Vous gagnez à peu près le même revenu, ou pas. Il peut aussi arriver qu’il y ait un écart plus important, mais sur une période plus ou moins longue, par exemple si l’un de vous cesse de travailler pour des raisons de santé ou pour poursuivre des études, ou encore afin de s’occuper de la petite famille.

Les conjoints de fait peuvent choisir le mode de partage des dépenses du ménage. La façon de les partager varie d’un couple à l’autre. Elle peut également être modifiée selon les circonstances, par exemple lors d’une baisse de revenus pour l’un des conjoints. Certains couples assument à parts égales les dépenses communes alors que d’autres préfèrent les partager selon le prorata de leurs salaires (la personne qui gagne plus paie plus). Évidemment, à salaires égaux, ces deux options s’équivalent. Il existe aussi d’autres formules, mais peu importe celle que vous choisirez, il faut d’abord s’entendre sur la définition de « dépenses communes ». Comprennent-elles les dépenses de loisirs, de vacances, de vêtements? Et si l’un des deux est mordu de gadgets électroniques? Pour vous aider dans votre réflexion, vous pouvez vous procurer le guide Mode de partage  Parts égales Au prorata Loic Maria Loic Maria Revenu disponible 42 000 $ 30 000 $ 42 000 $ 30 000 $ Dépenses communes 20 000 $ 20 000 $ 23 333 $ 16 667 $ Solde disponible 22 000 $ 10 000 $ 18 667 $ 13 333 $ 52 % 33 % 44 % 44 % Dépenses perso 4 800 $ 3 600 $ 4 800 $ 3 600 $ Épargne annuelle 17 200 $ 6 400 $ 13 867 $ 9 733 $

 

Si chacun assume la moitié des dépenses communes, Loic disposera d’environ la moitié de son revenu disponible pour ses dépenses personnelles et son épargne. De son côté, Maria ne disposera que du tiers de son revenu disponible, puisqu’elle consacre davantage aux dépenses du ménage. Par contre, s’ils optent pour un partage au prorata de leurs revenus disponibles, chacun disposera d’une proportion équivalente de son revenu après avoir assumé les dépenses du ménage. Bien sûr, la capacité d’épargne de Maria demeure inférieure à celle de Loic, puisque ses revenus sont moindres.

Imaginons maintenant qu’avant la naissance de leur enfant, Loic et Maria gagnaient le même salaire et qu’ils partageaient les dépenses communes en parts égales, ce qui leur procurait une capacité d’épargne équivalente. Après la naissance de leur enfant, ils ont décidé d’un commun accord que Maria se trouverait un emploi moins exigeant pour avoir davantage de temps pour s’occuper de leur enfant. Afin de maintenir une capacité d’épargne égale au sein de leur couple, ils ont décidé de répartir les dépenses communes de sorte que Loic y contribue une part plus importante que Maria.

Loic Maria
Revenu disponible 42 000 $ 30 000 $
Dépenses communes 26 000 $ 14 000 $
Solde disponible 16 000 $ 16 000 $
Dépenses perso 4 800 $ 3 600 $
Épargne annuelle 11 200 $ 12 400 $
16 000 $ 16 000 $

 

Loic et Maria sont propriétaires à parts égales de leur condo. Ils ont participé à la mise de fonds et ont contracté un emprunt hypothécaire dans cette même proportion. En isolant ce déboursé, dans les faits, Loic assume donc environ 70 % des autres dépenses communes (20 000 $ sur 28 000 $) et la part de Maria est de 30 %.

Loic Maria
Revenu disponible 42 000 $ 30 000 $
Prêt hypothécaire 6 000 $ 6 000 $
Dépenses communes 20 000 $ 8 000 $
Solde disponible 16 000 $ 16 000 $
Dépenses perso 4 800 $ 3 600 $
Épargne annuelle 11 200 $ 12 400 $
16 000 $ 16 000 $

 

Une fois les dépenses communes identifiées et le mode de partage choisi, il reste à voir comment gérer tout ça au quotidien. Certains couples répartiront les dépenses par type (habitation, alimentation, transport), ce qui exige de faire ses comptes régulièrement pour balancer le tout. Un compte bancaire conjoint assorti d’une carte de crédit conjointe peut faciliter grandement les choses. Chacun dépose sa part dans le compte qui sert à régler toutes les dépenses communes. Chacun détient un compte et une carte de crédit personnels pour le reste. N’oubliez pas que, pour les conjoints de fait, à moins que la dette soit aux deux noms, chacun est responsable de ses dettes, même celles concernant le ménage.

Rappelez-vous qu’en cas de rupture, les conjoints de fait conserveront chacun leur pactole. Pour établir leurs droits et obligations l’un envers l’autre, les conjoints de fait doivent se doter d’une convention de vie commune. Ce contrat prévoira les effets de leur union pendant sa durée et dans l’éventualité d’une rupture. Aussi, ils doivent chacun rédiger un testament lorsqu’ils désirent se léguer tout ou une partie de leur patrimoine à leur décès. La rédaction d’un mandat de protection en cas d’inaptitude est également souhaitable.