Connaissez-vous la méthode SMART? Appliquer cette formule, c’est vous assurer qu’un objectif est :

  • Spécifique : un objectif simple et clair vous motivera
  • Mesurable : y apposer un chiffre vous permettra de mesurer vos progrès
  • Atteignable : vous en avez les moyens
  • Réaliste : en y mettant les efforts, vous croyez pouvoir y parvenir
  • fixé dans le Temps : en vous fixant une date butoir, vous demeurerez concentré

Vous pouvez appliquer la méthode SMART à vos objectifs de finances personnelles.

Un objectif atteignable et réaliste

Disons que vous vous êtes fixé un objectif et que vous avez une idée du montant nécessaire pour y arriver et de votre date butoir. Comment savoir si votre objectif est réaliste, si vous pourrez l’atteindre? Il s’agit d’évaluer si vous avez les ressources financières nécessaires : de combien disposez-vous aujourd’hui, et combien d’argent pouvez-vous mettre de côté chaque année (ou chaque mois)?

Pour répondre à cette question, vous aurez des devoirs à faire. En effet, pour savoir d’où vient l’argent et où il s’en va, il faut préparer un budget. C’est un exercice qui en rebute plusieurs, mais c’est un point de départ nécessaire en planification financière! Le décomposer en étapes peut vous faciliter la tâche.

Notre cobaye, Valérie, se prête au jeu. Elle a fait la liste de ses objectifs prioritaires, en se gardant quelques rêves en réserve pour plus tard.

Première étape : d’où vient l’argent?

Prenons la période du 1er janvier au 31 décembre. Vous pouvez utiliser vos relevés, comme vos talons de paie (net cumulatif) et les relevés de versements de prestations gouvernementales, pour avoir une idée du montant total à votre disposition durant l’année. Il est primordial de tenir compte de toutes les entrées de fonds. Pour ne rien oublier, consultez les dépôts figurant sur vos relevés bancaires, et ajoutez toute somme reçue comptant.

La situation de Valérie est assez simple. Ses entrées de fonds au cours de la période de 12 mois sont les suivantes :

Paie nette 44 275 $
Remboursements d’impôt 1 535 $
Autres* 4 860 $
Total 50 670 $

*Il importe peu de savoir ce dont il s’agit.

Deuxième étape : où va l’argent?

À cette étape, il faut tenir compte des soldes bancaires et des soldes de cartes de crédit (ou marges de crédit) au début et à la fin de la période.

Valérie a rapidement identifié ces montants (les sommes dues sont négatives) :

Au 1er janvier Au 31 décembre
Compte de banque 0 $ 3 655 $
Marge de crédit (2 730 $) 0 $
Carte de crédit (1 005 $) (2 055 $)
Total (3 735 $) 1 600 $

 

Elle est alors en mesure de calculer le total de ses sorties de fonds pendant cette période. Ainsi, il faut soustraire du total qu’elle a encaissé (50 670 $) les montants qu’elle a remboursés sur ses cartes et marges de crédit (3 735 $) et la somme qui reste dans son compte de banque (1 600 $), ce qui lui donne le total d’argent déboursé pendant la période donnée, soit 45 335 $.

Cependant, il faut détailler les sorties d’argent davantage, si on veut connaître la marge de manœuvre possible. C’est l’étape la plus ardue à compléter. Bien sûr, tout dépend du niveau de détail souhaité. Vous pouvez aisément identifier certains éléments, tels :

  • Les sommes épargnées (cotisations REER ou CELI)
  • Les dépenses de logement (versements hypothécaires ou loyer, primes d’assurance, impôts fonciers et scolaires, électricité, etc.) et d’épicerie
  • Le remboursement d’emprunts (prêts personnels, prêt auto)
  • Les dépenses extraordinaires (non récurrentes)

Voici où Valérie en est à ce point-ci :

Cotisation à son REER 6 500 $
Total des dépenses identifiées (principalement le logement et l’épicerie), environ 23 000 $
Dépense extraordinaire* 5 000 $
Les autres dépenses, environ 10 835 $
Total des déboursés 45 335 $

*Valérie a fait un voyage qui lui a coûté 7 000 $; son budget voyage normal est de 2 000 $.

Comme Valérie a fait un voyage qui lui a coûté 5 000 $ de plus que son budget habituel de 2 000 $ par année, elle peut affirmer qu’elle dépense normalement 33 835 $ par année (23 000 $ + 10 835 $); pas besoin d’y inclure le montant de 5 000 $.

Valérie a l’habitude de tout payer avec sa carte de crédit et règle toujours à l’échéance. La somme de 10 835 $ est constituée de dépenses discrétionnaires sur lesquelles elle a le contrôle (loisirs, restaurants, vacances, soins personnels, même l’habillement dans une certaine mesure). Pour en avoir le cœur net, elle devra éplucher ses comptes de carte de crédit (le résumé des dépenses figurant sur le relevé peut être très utile). Elle sera alors en mesure d’identifier les dépenses qu’elle est prête à réduire afin d’épargner pour atteindre son but.

Un planificateur financier peut vous aider dans l’atteinte de vos objectifs financiers, y compris dès les premières étapes : déterminer votre coût de vie et votre capacité d’épargne.