Bien qu’il vous soit difficile de prédire si votre enfant poursuivra des études postsecondaires, vous avez l’intention de lui offrir les moyens financiers de se réaliser. Fréquenter un cégep ou une école de métier est généralement abordable, dans la mesure où l’étudiant demeure à la maison familiale pendant ses études. Il en est tout autrement lorsqu’il fréquente une université. Par exemple, pour une année à temps plein au 1er cycle, une de nos universités québécoises conseille de prévoir le budget annuel suivant :

Droits de scolarité* 3 025 $
Dépenses afférentes et personnelles 3 700 $
En habitant à la maison 6 725 $
Logement et repas 9 300 $
En habitant à l’extérieur 16 025 $

*Pour certains programmes, les droits de scolarité sont beaucoup plus élevés.

Le régime enregistré d’épargne-études (REEE) est sans doute l’un des régimes les plus généreux. Avec les différentes subventions pouvant atteindre 10 800 $ par enfant, un parent peut difficilement se passer d’une telle aide. Vous hésitez entre le REER et le REEE? Dans la grande majorité des cas, le REEE est gagnant. Bien sûr, il ne faut pas négliger l’aide financière des programmes de prêts et bourses.

Le REEE en bref

Les gouvernements fédéral et provincial versent des subventions au régime pour chaque enfant bénéficiaire d’un REEE, de la naissance jusqu’à l’année de son 17e anniversaire. Le montant des subventions dépendra du revenu familial. Seuls les premiers 2 500 $ de cotisation annuelle donnent droit aux subventions, mais il est possible de contribuer davantage. Le plafond cumulatif est de 50 000 $ par bénéficiaire (la période maximale de cotisation est de 31 ans). Si les cotisations versées pour un bénéficiaire au cours d’une année sont inférieures à 2 500 $, les droits de subvention inutilisés seront accumulés et pourront être utilisés plus tard, sans excéder 2 500 $ par année. Pour bénéficier des subventions provinciales, il faut s’assurer de choisir un fournisseur participant.

Si le revenu familial se situe à l’intérieur du premier palier d’imposition, c’est-à-dire qu’il est inférieur à 46 605 $ en 2018, le gouvernement fédéral donne un montant initial de 500 $ dès l’ouverture du REEE, puis 100 $ pour chaque année d’admissibilité précédente et subséquente jusqu’à ce que l’enfant ait 15 ans, pour un montant maximum de 2 000 $. Il s’agit du Bon d’études canadien (BEC). Aucune cotisation personnelle n’est requise pour y avoir droit. L’enfant doit être né après 2003. Si le bénéficiaire ne poursuit pas d’études postsecondaires, ces sommes doivent être retournées au gouvernement.

Des retraits du REEE seront nécessaires pour financer les études postsecondaires du bénéficiaire. Les subventions et les revenus générés dans le REEE seront versés directement au bénéficiaire à titre de paiements d’aide aux études (PAE), alors que les cotisations, s’il y en a eu, seront retournées au souscripteur (généralement le parent). Si le bénéficiaire a peu de revenus d’autres sources, il ne paiera pas d’impôt sur les PAE. Les retraits de cotisations retournés au souscripteur ne sont pas imposables. Ces derniers peuvent être utilisés à d’autres fins que les études du bénéficiaire; par exemple, ils peuvent être versés au REER du souscripteur, si celui-ci a des droits de cotisation inutilisés.

L’idéal est de commencer à cotiser au REEE de votre enfant dès sa naissance. Cependant, il n’est jamais trop tard pour effectuer un rattrapage (dans les limites permises).

Deux exemples

Le tableau suivant illustre deux situations. Dans les deux cas, le revenu familial se situe entre 46 605 $ et 86 105 $ (2018), le taux de rendement est de 3,5 % par année, les cotisations annuelles sont uniformes jusqu’à l’âge de 17 ans, les subventions totales sont maximisées et le coût des études augmente de 3 % par année.

REEE au bénéfice de : Lucas Xavier
Début des cotisations Naissance 9 ans
Cotisation annuelle 1 868 $ 4 893 $
Cotisations personnelles totales 31 749 $ 34 251 $
Subventions totales 10 800 $ 10 800 $
Rendement total 20 457 $ 10 459 $
Total des subventions et du rendement 31 257 $ 21 259 $
Épargne-études disponible à l’âge de 20 ans 63 006 $ 55 510 $
En $ d’aujourd’hui 34 885 $ 30 735 $
Par année (pendant 4 ans) 8 721 $ 7 684 $
Sans les cotisations personnelles 4 327 $ 2 943 $

Dans le cas de Lucas, commencer tôt a pour effet d’étaler les cotisations sur une plus longue période, ce qui réduit le montant annuel à épargner et permet de doubler les revenus. Pour financer ses études, Lucas disposera d’un PAE annuel de 4 327 $ par année alors que Xavier recevra 2 943 $. Le PAE de ce dernier est moindre, principalement parce qu’il y a eu moins de temps pour que les sommes investies fructifient. Les cotisations retirées pourront également être utilisées, en tout ou en partie, pour les études, au choix du souscripteur. Dans ce cas, Lucas et Xavier disposeraient de 8 721 $ et 7 684 $ respectivement (maximum).

Types de régimes en bref

Il existe trois types de REEE : le régime individuel (un seul bénéficiaire à la fois), le régime familial (un ou plusieurs bénéficiaires) et le régime collectif. Voici les principales différences entre ces régimes :

Les régimes individuel et familial peuvent être enregistrés auprès d’une institution financière ou d’un cabinet privé, comme c’est le cas pour un REER. Le souscripteur a la liberté de déterminer le moment où il cotisera au régime et le montant qu’il y versera. Il peut définir sa politique de placement. Il décide également des sommes à retirer pour les études (sujet aux limites fixées par la loi). Si le régime prend fin sans qu’un bénéficiaire n’ait droit à des PAE (pas d’études postsecondaires), le souscripteur pourra récupérer les revenus gagnés dans le régime1, en plus de ses cotisations.

Le régime collectif est offert par certaines organisations (programmes de bourses d’études). Il s’agit d’un contrat qui prévoit généralement un calendrier de contributions, lesquelles sont mises en commun pour une cohorte de jeunes du même âge. Généralement, les placements sont sécuritaires. Les versements du régime se font en fonction du nombre de jeunes inscrits à des programmes d’études postsecondaires. Si le bénéficiaire ne poursuit pas d’études postsecondaires, les revenus sur les cotisations sont répartis parmi les autres jeunes de la cohorte. Les cotisations sont retournées au souscripteur, généralement déduction faite de certains frais.

Pour élaborer votre plan d’épargne selon votre situation pour les études de vos enfants, consultez un planificateur financier!

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1Les revenus gagnés dans le régime qui ne sont pas transférés au REER du souscripteur sont imposables (impôt additionnel de 20 %).